Une Partie de l'Héritage Yankee Américain

par Janet Marr- Furkats Cattery

Cet article a été écrit par Janet Marr - Furkats Maine Coon et poly Maine Coon Cats

Traduction française Corine Lundqvist

Bibliographie

Revue Maine Coon International du 15/03/98

Historiquement, le polydactyle représentait 40 % de la population originelle du Maine Coon non enregistré.

Des contes populaires locaux prétendaient que ces chats étaient des chasseurs féroces et pouvaient employer leurs pattes surdimensionnées pour attraper le poisson vivant directement des flots. Ces contes ont inclus des histoires de chats apportant le poisson frais à la maison pour aider à alimenter leurs familles humaines. C’étaient les chats des bateaux de pirates de même que les chats qui accompagnaient les Pèlerins. Les marins ont traditionnellement particulièrement aimé les chats polydactyles parce que l'on croyait qu'ils étaient experts en chasse aux souris, un travail important des chats à bord (Bock, 1998).

Du Mayflower à la Maison Blanche, à la maison du chat à Key West de Papa Hemingway, les Maine Coons polydactyles sont les trésors de l’Amérique. Il y eu beaucoup de polys célèbres. Notre Président Théodore Roosevelt avait un poly nommé " Slippers". Slippers était un des premiers résidants félins de la Maison Blanche. Aux conférences de presse et lors des fonctions officielles, Slippers était souvent le centre d'attention. L'auteur Ernest Hemingway avait un Maine Coon poly nommé Snowball. Il avait 6 doigts à ses pattes avant. L'auteur avait une propriété dans l'île de Key West en Floride. Une histoire raconte que Snowball était un cadeau d'un des copains de beuveries d'Hemingway qui était un Capitaine de vaisseau nommé Stanley Dexter. Une autre chronique prétend qu’un Capitaine de vaisseau a donné à Hemingway une chatte à pieds "doubles" nommée Princess. Les marins croyaient que des chats à six doigts étaient chanceux et les chats arrivèrent à Key West au début du 19e siècle en compagnie de marins cherchant des trésors engloutis.

Selon le Docteur Rod Ljostad, en vue de faire accepter le Maine Coon au statut d’exposition avec les diverses associations de chats, les exposants décidèrent d’inscrire 30 Maine Coons en chats de compagnie. Le Docteur Ljostad raconte que cela fut fait pour que les associations leur accordent un statut en exposition de "Spéciale Nouvelle Race". Ils firent leurs propres rubans et trophées afin que les juges puissent les remettre. Ainsi cela pris des années avant que le MC soit reconnu en exposition. Le Docteur Ljostad rapporta qu'à l'origine le standard de race proposé indiquait en ce qui concernait les pattes du MC: "peut avoir des doigts supplémentaires sur chacune et toutes les pattes." La description des pattes fut changé plus tard en "Cinq doigts à l’avant et quatre à l’arrière". Selon le Docteur Ljostad, cela a été fait non pas suite à une réflexion sur la santé du poly; mais cela a été plutôt une décision économique et politique. Cela coûtait cher d'inscrire 30 chats ou plus aux expositions sans les avantages du statut d'exposition. Les propriétaires durent accepter ce compromis. La "Maine Coon Breeders and Fanciers Association " (MCBFA) vota pour la version des "petites pattes". Le docteur Ljostad estime que c'était alors une erreur et que les exposants de Maine Coons auraient dû tenir bon pour le standard originel du poly. Au moment du vote de la MCBFA, le Docteur Ljostad pensait, que sous deux ans ils seraient capables de changer le standard des pattes pour inclure le poly.

Il a été rapporté dans le livre de Marilis Honidge “That Yankee Cat, The Maine Coon” (traduction: "Ce chat Yankee, le Maine Coon") Harpswell, 1981, que le nombre de griffes des pieds était le plus controversé de toutes les questions dans l’établissement d'un standard pour "le Maine Coon". Selon Hornidge "le Maine Coon traditionnel était fréquemment un polydactyle ou un chat à plusieurs doigts." Elle a, plus tard, déclaré que "les polys étaient si chers aux cœurs du groupe originel d'enthousiastes qui ont rédigé le standard du "Maine Coon Breeders and Fanciers Association" (MCBFA), que plutôt que de diviser les rangs, une classification spéciale avec son propre standard avait été fondée pour eux". Elle a aussi noté que "c'était la dernière modification du standard qui fut faite et finalement les polys furent les victimes des maints efforts pour qu’un standard unique soit adopté largement". Une fois la clause du poly ayant été enlevé du standard, les gens ont supposé que c’était parce que c'était considéré comme une difformité. Pendant les trente années suivantes la politique, non écrite, de la " Maine Coon Breeders and Fanciers Association " (MCBFA) était que le poly n'a pas existé.

Il a été stipulé à l’auteur que les polys pourraient être employés pour la reproduction, mais que tous les chatons polys devaient être vendus comme des animaux de compagnie. Ces chatons devaient être tranquillement placés dans des foyers comme compagnons seulement. Le Maine Coon poly ne devait pas même être exposé comme chat de compagnie.

Puisque le gène de la polydactylie est un gène dominant, il est possible de l'éliminer d'une lignée de chats. Pour obtenir un poly, vous devez avoir un parent qui soit poly. Ce gène dominant s'exprimera seulement de 40 % à 50 %. D’après le Docteur Montgomery (Spécialiste des os et des articulations, de l’université médicale vétérinaire d’Auburn): "Historiquement beaucoup de propriétaires ne savent même pas que leur chat est polydactyle". Cela pourrait expliquer pourquoi quelques éleveurs rapportent avoir eu un chaton poly de parents non polys. Ces chats peuvent avoir un petit doigt non détectable qui a été passé génétiquement de génération en génération. Le gène poly n'est pas un caractère récessif donc il doit être présent sous quelque forme pour produire un chaton poly.

Il a été observé par des éleveurs que les chatons non poly d'un parent poly semblent avoir une ossature plus lourde que les chatons d'un accouplement de non poly. L’ossature plus lourde est plus visible aux pattes avant et à la poitrine. Quelques éleveurs rapportent que le doigt supplémentaire apporte plus d’ossature qu’avec l'ergot double. Un article de l'Université Cornell, Cat Watch (1998), a mentionné que les études faites sur des chats polydactyles, commencées dans les années 1940 et poursuivies jusque dans les années 1970, ont montré que le trait de caractère est probablement arrivé au commencement avec les chats qui sont venus d'Angleterre dans les environs de Boston avec les Puritains dans le milieu des années 1600. Cet article a aussi spéculé qu'il était possible que la mutation se soit déjà développée chez des chats dans le secteur de Boston. Les scientifiques conjecturent que les descendants immédiats de ces chats peuvent avoir vécu à bord des bateaux de commerce côtiers et ont rapidement trouvé le chemin de Halifax, Yarmouth, MA; et Nova Scotia, qui ont maintenant des populations de chat à doigt multiples assez importantes.

En Europe, les chats polydactyles sont pratiquement inexistants, et ce parce que pendant les temps médiévaux tout chat, peu commun, était mis à mort en raison des superstitions quant à la sorcellerie (Kelly, Larson, 1993). Une source fiable en Suède (1998) raconte que l’on voit des polys dans la population de chats de maison et une source fiable en Europe (1998) dit n’avoir jamais vu un chat de compagnie poly. Les seul polys que ma source européenne avait vu était des Maine Coons de race inscrits. (Il doit être noté que n'importe quel type de chat pourrait être un polydactyle, pas seulement le Maine Coon.) Lorsque les chercheurs ont fait des recensements de chats polydactyles, ils ont constaté que les secteurs près de Boston avaient des populations plus importantes de chats polydactyles que New York ou Chicago. Les pattes standard avant ont des doigts et un ergot et à la patte arrière 4 doigts.

Un polydactyle aura habituellement un ou deux doigts supplémentaires à chaque patte. Cela peut être un doigt supplémentaire ou un double ergot. Dans la publication d'octobre 1968 du Journal de Médecine/Petit Vétérinaire, R.F. Sis, D.V.M., M.S., Ph.D. et R.Getty, D.V.M., M.S. ont publié un article appelé "Polydactylisme chez les Chats". Ils écrivent que le chat a normalement 18 doigts, 4 sur chaque patte de derrière et 5 sur chaque patte de devant, cependant, les polydactyles ou les chats hyperdactyles ne sont pas rares. Le Livre des Chats de Cornell (1990) a noté que "Le Polydactylisme est très commun chez les chats et arrive le plus fréquemment sur les pattes de devant. Cette source a aussi noté que "ces chats aux doigts doubles ne subissent pas d'habitude de conséquences néfastes sur leur santé" . Les descriptions individuelles des pieds de chats polydactyles ont été publiées dés 1868.

Double ergot

Radio Double ergot

Triple ergot

Configuration normale pied arrière

Configuration patte arrière poly

Une recherche littéraire faite à l’université de Médecine Vétérinaire d’Auburn a indiqué que le point de vue médical sur la polydactylie est que la présence de doigts supplémentaires sur une ou plus pattes n'est pas rare (Danforth, 1947; Chapman et Zeiner, 1961; Sis et Getty, 1968). Sis et Getty (1968) ont rapporté, plus tard, que la particularité n'est pas liée au sexe. La caractéristique est héritée comme un trait dominant simple autosome (chromosome non lié au sexe), dont l'effet probable est d’inciter quelque changement de la partie pré axiale (i.e. medial) du membre causant comme un excès de croissance dans ce secteur (Sis et Getty, 1968).

Les pattes antérieures sont plus souvent affectées et d'habitude cinq doigts sont présents en plus des ergots. Ils ont aussi rapporté que chez des chats observés à l'Université Vétérinaire de Petits Animaux de l’État de l’Iowa, l'anomalie avait été limitée au côté moyen du membre. En plus des doigts supplémentaires, chacun avec son coussinet terminal, il y a un coussinet palmaire supplémentaire et d'habitude au moins un coussinet plantaire supplémentaire.

Selon l’Université de Médecine Vétérinaire de Cornell, Cat Watch, (1998) les chats qui ont des doigts surnuméraires ont le gène dominant, Pd (le nombre standard de doigts est pd) Cela signifie qu'un chat peut avoir seulement un exemplaire de ce gène de l'un ou l'autre parent pour avoir le trait de caractère. Le gène affecte spécifiquement le tissu formé à la fin même du membre où le doigt se formera dans l'embryon en développement. Le tissu à la fin du membre est appelé le chapeau apical. Parfois les cellules du membre stimuleront les cellules du chapeau, engendrant un chapeau plus grand qu’il ne devrait être normalement. Ces embryons félins développeront des doigts supplémentaires. Le seul problème principal semble être que les ongles exigent un entretien supplémentaire. Si les ongles ne sont pas entretenus, il peut y avoir des infections interdigitales ou des blessures traumatiques récurrentes. (Chandler, E.G. et Al-, 1994).

Les ongles des doigts ont tendance à devenir trop long et peuvent pousser en un demi-cercle en arrière dans la patte (Université de Médecine Vétérinaire de Cornell, Cat Watch, 1998). Il semblerait que l'ongle pousse plus rapidement que chez les chats aux "petites pattes", mais il n'y a aucune documentation pour soutenir cette hypothèse. Les vétérinaires ne considèrent pas que la polydactylie soit une difformité ou une condition handicapante. Elle est considérée comme une anomalie et une anomalie est définie comme "une déviation, un écart à la forme ou la règle normale" (Funk & Wagnalls Standard College Dictionary, 1973). Le Docteur Montgomery (Spécialiste des os et des articulations, Auburn College of Veterinary Medicine) a déclaré que "les propriétaires de polydactyles n'ont pas remarqué d’effets néfastes. La Polydactylie est une anomalie assez commune chez les chats qui n’est pas nuisible à leur santé orthopédique". Il est intéressant de noter que, durant approximativement 100 ans, on a permis aux descendants du Maine Coon polydactyle d'Hemingway de se reproduire librement avec les chats locaux.

Cette population a produit des chats polys avec la proportion de 50/50, soit un poly pour chaque chat à "petites pattes". Si le gène avait causé des infirmités, ou des difformités, cette population aurait dû produire beaucoup de ces chats infirmes. Les chats se seraient certainement multipliés de poly à poly de sorte que le gène poly aurait été homozygote chez beaucoup d'animaux.

Les polys peuvent être inscrits avec les diverses associations de chats aux Etats-Unis. Cela inclut les associations Cat Fanciers Association (CFA), The International Cat Association (TICA), American Cat Fanciers Association (ACFA) and Cat Fanciers Federation (CFF). En fait l'inscription d'un Maine Coon poly n'indique pas vraiment si le chat est un poly. Il est traditionnel, mais non exigé, d’inclure un P dans le nom pour indiquer que le chat est un poly. Un poly ne peut pas être exposé en championnat puisque les doigts surnuméaires sont considérés comme une déviation au standard d’exposition, mais ils peuvent être employés pour l’élevage et exposés en "Assessment" classe en TICA (N'importe quelle nouvelle différence comme, mais non limité à, la couleur ou la longueur de poil d'une race de championnat peut être exposé en Assessment classe, en vue de la faire éventuellement adopter par le standard) ou en chats de compagnie.

Il est parfaitement autorisé par les associations de chats, aux USA, d’exposer un chat non-enregistré de race (un chat avec pedigree avec des papiers qui n'ont pas été officiellement inscrits) en classe "chat de maison". On peut y exposer les chats qui ne sont pas stérilisés jusqu'à l’âge de 8 mois. Après cet âge le chat doit être stérilisé pour avoir le droit d’être inscrit en chat de maison, ou ils doivent être mis à la retraite des expositions. En TICA et ACFA, on peut exposer des chats de compagnie pour des Victoires Nationales et d'autres titres. En ACFA, les chats gagnent des degrés différents de titres appelés "Royales". Ils doivent être enregistrés comme chat de maison. Si le chat a un nom de chatterie il est acceptable d'enregistrer le chat avec le nom de chatterie comme suffixe.

Le Pixie Bob, qui a la caractéristique de la polydactylie, a été accepté en exposition par la TICA. Le standard du Pixie Bob accepte les polys. Ils viennent juste d’accéder au championnat en TICA depuis le 1er mai 1998, mais ne sont pas enregistrés avec la CFA. D’après les éleveurs de Pixie Bobs, les polys ne sont pas jugés séparément des autres Pixie Bobs, c'est juste une particularité permise. Le Comité directeur de la TICA a joint un vote, l'année dernière, à l'adhésion des membres et il a été voté que l'on pourrait exposer les polydactyles dans toutes les classes, si on l'a spécifiquement permis dans un standard approuvé de la race.

Ci-contre: Pixie Bob polydactyle, trait de caractère accepté par le standard de la TICA Source: http://www.pixie-bob.org/

Le Pixie Bob est la seule race de la TICA qui permette aux polys d'être exposés en compétition. Le mariage préféré est de poly avec un chat à "patte classique", mais il se fait aussi de poly avec poly. La Section de Race a essayé de faire interdire par la TICA les mariages de poly avec poly et a voulu que le poly soit seulement marié à des chats à pattes classiques, mais la TICA ne soutiendrait pas cette condition. D’après les éleveurs de Pixie Bob, bien qu'il n’y ait aucun incident connu avec des problèmes résultant des pieds polydactyles, la Section de Race de la TICA souhaitait que la clause de mariage de poly avec non poly soit mise en place pour empêcher que de possibles problèmes ne se développent. Comme expliqué ci-dessus, la caractéristique de la polydactylie n'est pas un allèle létal. Il est peu clair pourquoi cette variation inoffensive n'est pas acceptée pour le statut d'exposition, alors que d'autres races avec des caractéristiques létales sont acceptées en statut d'exposition. Selon le Livre du Chat (Wright, Walters, eds, 1980) le Manx, le Bobtail Japonais et le Scottish Fold produisent tous des difformités génétiques.

Le gène du Manx et du Bobtail Japonais peut produire des chatons avec des anomalies de la région vertébrale inférieure comme le spina bifida. Les chatons peuvent naître vivants, mais avec une colonne vertébrale ouverte qui les paralyse.

Les Chats avec des oreilles pliées comme le Scottish Fold peuvent avoir des anomalies de croissance des cartilages autour des articulations des pattes, affectant la capacité de marcher. L’auteur a élevé des polys pendant 4 ans et n'a pas eu de problèmes avec les doigts surnuméraires. J'ai été étonné de constater que bien que le gène poly soit un gène dominant, il est souvent difficile d'obtenir des polys. Si le parent a un doigt supplémentaire, les chatons peuvent avoir un doigt supplémentaire et si le parent a un ergot double le chaton peut avoir cette particularité. Quand le chaton est un poly, il semble avoir la même configuration que le parent poly. Le nombre et l’emplacement des doigts sont très facilement contrôlés en faisant des mariages de poly avec non poly. Je n'ai pas fait de mariages poly avec poly mais j'ai entendu parler d’autres personnes faisant des mariages poly avec poly sans conséquences néfastes.

En fait les chatons de mes portées de polys sont grands, sains et forts, peut être parce que les gènes polys ont souvent un degré de dominance et les gènes défavorables semblent être récessifs.

Pour acheter un Maine Coon polydactyle on peut être obligé de s’inscrire sur une liste d'attente. Il y a seulement un nombre très limité d’éleveurs dans le monde entier qui élèvent des Maine Coons polydactyles.

Vous devrez aussi payer un peu plus pour un poly. Le Maine Coon poly ressemblera exactement au Maine Coon à "petites pattes" à part son nombre de doigts. Vous pouvez vous attendre à ce que les polys aient les mêmes couleurs et motifs que n'importe quel Maine Coon.